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Voyage au pays des nouveaux censeurs
Rencontre

jeudi 17 septembre à 19h30
entrée libre

par Emmanuel Pierrat

Comment définir la censure ? Où s’exerce-t-elle ? Qui l’impose ? Et sous quelles formes ? Au fil des domaines aussi bien traditionnels (les bonnes mœurs, le pouvoir, la religion) que contemporains (la santé, les nouvelles technologies, la loi du marché, les minorités, la jeunesse),Emmanuel Pierrat, analyse les multiples visages de la censure moderne. Mêlant les fondements théoriques à des anecdotes variées et souvent édifiantes, c’est un miroir de notre société bardée d’interdits qu’il nous tend. Dans la forme » connue » de la censure, les poursuites étaient diligentées par le pouvoir politique. De nos jours, ce dernier ne se hasarde plus à une telle intervention, trop risquée dans la civilisation des sondages. Ce sont des associations qui ont repris le flambeau, des » ligues de vertu » , des organisations qui, pour Pierrat, sont des » cache-sexes » qui militent pour leur propre vision du monde et des mœurs. Désormais » privatisée » , la censure étend son territoire et son influence. Elle prend de nouveaux habits. Et change sa garde-robe selon les cas. Pierrat pointe particulièrement deux entités : -Les » ligues de vertu et de morale » tout d’abord. » De tous bords » , ajoute-t-il. Le danger ? » Chaque procès qu’ils intentent a un coût : frais d’avocats, dommages et intérêts. Des répercutions plus redoutables que le cachot. ». -Les entreprises. Auparavant, elles se contentaient de couper les budgets publicitaires des médias trop agressifs, par trop dénonciateurs. Aujourd’hui, elles attaquent en justice. » Leur puissance de feu est colossale au regard du potentiel de contre-attaque des éditeurs, journalistes, écrivains. » Regroupés en conglomérats financiers et boursiers, gouvernés par des magnats, les mastodontes de l’industrie possèdent la majeure partie du secteur mondial de l’information. N’hésitant pas à couper ce qui dépasse, ce qui dénonce, quand un journaliste s’approche trop des amis au pouvoir… Mais ces géants boursiers possèdent aussi le secteur de l’édition et sont donc à même d’intervenir a priori sur le contenu.

UNE PHRASE « Aujourd’hui, les personnages de littérature sont sensés se conformer à la loi, Luky Lucke ne fume plus, Navaro met sa ceinture avant de foncer à 180km/h, tout le monde est devenu légaliste dans la fiction. Lolita aujourd’hui ne serait pas publiable. Des livres n’ont plus été réédités récemment alors qu’ils l’étaient depuis 30 ans car les éditeurs avaient des craintes juridiques. Je passe mon temps à réécrire les romans. Quand le héros a une histoire d’amour avec une gamine de 14 ans, je lui mets 15 ans à la gamine ! Pour qu’elle ne soit pas mineure sexuellement ! »

Emmanuel Pierrat est une figure en vue de l’édition parisienne. Avocat au barreau de Paris, c’est spécialiste du droit de la presse et de la communication. Il plaide régulièrement des affaires de « censure » (Houellebecq, Skorecki, ou encore la plainte de l’Opus Dei contre » Camino 999 ») Passionné de littérature et d’histoire des mœurs, il est aussi directeur de collections de « curiosa » (entendez livres tendancieux, en général érotiques), auteur d’essais sur la question ( » Le sexe et la loi » ) et romancier.

Les limites de l’art Un cycle de rencontres publiques proposé par Jacky Katu, anthropologue et réalisateur.
Comment concevoir un art engagé qui ne soit pas asservi à une idéologie, une religion ou une morale particulière ?
De nombreux plasticiens, cinéastes, chorégraphes, metteurs en scène... essaient aujourd’hui de renouveler cette exigence. Ce nouveau cycle des rencontres publiques leur est consacré.

jeudi 17 septembre à 19h30
entrée libre



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