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Concert - Carmina Burana

Présenté par les chorales et l’orchestre de la Maison des métallos, dirigé par Claire Caillard-Hayward et Berry Hayward, venez découvrir cette oeuvre du 12ème siècle à l’église Saint Ambroise dans le 11ème le dimanche 21 janvier à 16h

Concert

Les chorales et l’orchestre de la Maison des métallos présentent

Carmina Burana

Direction : Claire Caillard-Hayward et Berry Hayward

Dimanche 21 janvier 2007 à 16h

à l’église Saint Ambroise
71, bd Voltaire, 75011 Paris
Métro : Saint Ambroise (ligne 9)

Renseignements et réservation
01 47 00 25 20 ou reservation maisondesmetallos.org

L’entrée est gratuite mais il est indispensable de réserver

Les Carmina Burana sont les poèmes de moines marginaux du 12ème siècle, les Goliards. La plupart d’entre eux sont de pauvres étudiants vagabonds vivants d’expédiants. Ils se consacrent à l’étude mais ils militent aussi pour une vie de liberté et de plaisirs absolus, tout en dénonçant les hypocrisies et les complaisances sociales de leur époque.

_ Les Goliards s’opposaient violemment aux trois ordres médiévaux, les clercs, les chevaliers et les paysans, et ils accusaient l’Eglise d’être pourrie par l’argent. Ils rejetaient le « contemptus mundi »ecclésiastique et ils fêtaient le vin, le jeu et l’amour. Ils savouraient malicieusement leur propre sensualité qui brisait les contraintes idéalisées de l’amour courtois, fondement même de l’éthique médiévale. Leur marginalité agressive et libertine finissait par être considérée comme une menace pour l’ordre établi.

_ Mais la musique des Goliards n’est pas destructrice : l’élégance, la grâce et la hardiesse des partitions reflètent une profonde acceptation de la vie et donnent le change à « la ruine du siècle ». La musique est même parfois extatique : elle constitue le trajet intérieur de la musique goliarde. Dans une certaine mesure, le chant des Goliards contredit l’âpreté, voire la vulgarité de leurs paroles et révèle combien il est difficile de tracer des frontières entre le sacré et le profane, le populaire et le savant, l’inquiétude et la joie. La désobéissance des Goliards est empreinte de gravité.

On prend souvent les Carmina Burana pour des oeuvres burlesques. Or il est difficile de concilier cette interprétation avec la vie et l’enseignement de Pierre Abélard, philosophe, professeur et moine Goliard. C’est en sa personne que se cristallise toute la spiritualité de ce mouvement « marginal » : sa réflexion théologique, qui allie foi et raison et qui préfigure la pensée thomiste du 13ème siècle, renforce chez lui des convictions qui lui permettent de vivre pleinement son amour-passion pour Héloïse, d’élaborer une pensée novatrice, généreuse et tolérante des religions et des mensées non-chrétiennes et de remédier à la conception du péché et de la pénitence en atténuant le sentiment de culpabilité qui incombe à l’homme. Universellement admiré pour son discours dialectique, c’est par ses conclusions radicalement humanistes qu’Abélard fait scandale et se crée des ennemis féroces. Il est en fait un précurseur de la Renaissance.

Les Goliards sont considérés comme des révolutionnaires, mais leur révolution est essentiellement pacifique parce qu’ils ont renoncé à l’idéal guerrier de la chevalerie médiévale pour canaliser leurs énergies dans l’argumentation théologique et la rédaction de poèmes et de chansons. Par contre ils restent attachés à l’idéal de la transcendance divine et nous ressentons à travers leur musique à quel point ils acceptent le temps médiéval, immuable et dirigé vers l’éternité. Leur oeuvre représente un effort pour créer la beauté et la joie dans un environnement souvent hostile et brutal.

Berry Hayward


Etablissement public local de la Maison des métallos
94 rue Jean Pierre Timbaud - 75011 Paris
Tél : 01 47 00 25 20 - Réservation : 01 48 05 88 27